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Du safran… près de chez nous!

10 octobre 2018

J’ai eu le plaisir d’être accueillie par Patrick, le père de la safranière « Patr’Ann » à Profondeville, dans le namurois. Un petit paradis où les Crocus Sativus poussent dans une terre saine, sans produits chimiques, où la nature a tous ses droits. Le temps d’une visite, j’ai pu me mettre dans la peau d’une safranière.

Quid de ma visite ?

Ponctuelle (pour une fois !), j’arrive dans la propriété de Patrick le safranier qui m’attend déjà, tout sourire, sur le pas de la porte. Ni une, ni deux, il m’emmène dans le vif du sujet, le jardin. J’ai un million de questions en tête et je n’ai même pas l’occasion de les poser, Patrick m’explique de long en large et de manière très complète la culture du safran. Très vite, je suis mise à contribution, il y a encore des Crocus à cueillir et à émonder. Après la cueillette, nous nous rendons dans le laboratoire de la safranière où l’expert me montre la technique pour récupérer le pistil sacré. C’est un travail minutieux de longue haleine! Résultat de ma récolte, 0.157 g de pistil. Durant le séchage, il va devoir perdre 80% de son poids… imaginez un peu le nombre de fleurs nécessaire pour 1g de safran. Ce sont des chiffres extravagants.

Très vite, je lui parle cuisine (sans blague?) ! Le secret pour que le safran développe tout son parfum et ses arômes, c’est de le laisser infuser durant au moins 12h dans un liquide (lait, bouillon, vin, …) et l’ajouter au tout dernier moment à la préparation. Autant vous dire que j’ai hâte de mijoter un petit plat safrané ! Pour ça je vais devoir être patiente, le safran de Patr’Ann ne sera disponible que mi-novembre.

 

Patrick, pourquoi avoir ouvert une safranière ?

L’ouverture de la safranière, c’est une réorientation professionnelle. Chauffagiste de trois générations, j’étais un peu surmené dans le boulot. En 2011, je voulais changer de vie, changer de métier. Et cela s’est fait complètement par hasard ! Ma sœur était à Bali et m’a suggéré cette charmante idée de devenir safranier. J’avais la main verte depuis tout petit, j’aidais mon père dans le jardin. La décision s’est prise en cinq minutes, la soir j’en parlais à ma femme qui était prête à me suivre dans l’aventure ! C’est comme ça que nous nous sommes lancés.

Vous parlez de changement de vie, ce n’est pas spécialement pour l’argent mais plutôt pour le bonheur, la quiétude n’est-ce pas ?

Effectivement le but n’était pas de faire de l’argent mais de retourner à la nature et travailler afin de trouver la paix de l’âme et de l’esprit. Néanmoins je m’en sors très bien au niveau financier mais si j’avais 25ans, que je devais m’acheter une maison et travailler le safran, cela serait différent.

Comment votre famille, vos amis ont réagi à l’idée de ce changement de vie ?

Au départ on m’a un peu regardé bizarrement et tout le monde m’a dit que je n’e m’en sortirais pas mais c’était en 2011… Aujourd’hui nous sommes en 2018 et nous parlons safran !

En quelques mots, pouvez-vous expliquer comment faire du safran en Belgique alors que l’on en trouve normalement en Iran, Maroc, … sauf ici !

Le Crocus Sativus est une plante qui a un pouvoir d’adaptation assez phénoménal. Ce n’est pas facile de cultiver le safran en Belgique car nous avons des contraintes de météo au niveau humidité et ensoleillement mais par la volonté et le travail, on y arrive. Plus il y a un équilibre entre le soleil et la fraicheur de nuit, plus la fleuraison sera adaptée. Dans le fond du jardin, j’ai la chance d’avoir la présence d’un cours d’eau, le Burnot, qui rafraichit la terre au mois de septembre et permet aux bulbes de se réveiller et fleurir.

Vous cultivez du safran mais pas que…

Au départ oui, c’est le safran mais nous avons aussi nos vinaigres, nos confitures, nos légumes de saisons, de chez nous, de nos beaux terroirs et de notre propriété qui est 100% naturelle, on évite tous les produits chimiques, les engrais et les pesticides.

D’autres projets pour l’avenir, de nouveaux trésors dans votre jardin ?

Pour le moment nous nous lançons dans le piment Goria, type « Espelette » (AOP). Il y aura encore d’autres choses certainement qui vont venir. Nous avons notre petite boutique où l’on propose des produits safranés, des légumes en été, accueillir du monde dans notre jardin, faire découvrir notre passion, passer un bon moment, c’est ça notre bonheur !

Vous voulez voir de vos propres yeux le coin de verdure ainsi que la boutique de Patrick ? Rendez-vous sur son site !

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